Une grippe carabinée, une chute dans les escaliers, un burn-out, et tout bascule. En cas d’arrêt de travail, la question du maintien du salaire arrive très vite, juste derrière les soucis de santé. Entre les indemnités journalières, le complément employeur et la prévoyance complémentaire, il existe plusieurs étages de protection, mais aussi des zones grises qui entraînent une perte de revenus nette.
En pratique, salariés et travailleurs non salariés ne sont pas logés à la même enseigne. Un arrêt maladie de quelques semaines ne se vit pas de la même manière pour un cadre, un infirmier libéral ou un artisan. L’objectif de cet article est de clarifier le fonctionnement des indemnités journalières, de montrer ce que couvre réellement un contrat de prévoyance et de vous aider à choisir des garanties cohérentes avec votre niveau de vie.
En bref : maintien du salaire en cas d’arrêt de travail
Le maintien du salaire repose sur trois étages : les indemnités journalières de la Sécurité sociale, le complément employeur et la prévoyance (collective ou individuelle). Les IJ couvrent en moyenne 50 % du salaire brut dans la limite du plafond, le complément employeur varie selon la convention et la prévoyance vise à combler le « trou » financier. Les travailleurs non salariés disposent souvent d’une protection plus faible et doivent anticiper via une prévoyance adaptée, notamment pour couvrir les charges fixes. Avant de choisir un contrat, vérifiez le délai de carence, la durée d’indemnisation, les taux de remplacement et les exclusions. Le maintien du salaire dépendra directement de ces choix et de la coordination entre régimes.
Comment fonctionne l’indemnisation en cas d’arrêt de travail
Indemnités journalières de la Sécurité sociale
Lors d’un arrêt de travail, les indemnités journalières de la Sécurité sociale constituent la base de revenus de remplacement pour les salariés. La CPAM verse des IJ après un délai de carence habituel de 3 jours, sauf cas particuliers.
En pratique, pour un salarié du privé en arrêt maladie classique, le principe repose sur quelques points clés
- Salaire pris en compte sur les 3 derniers mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
- Montant brut journalier autour de 50 % du salaire journalier de base.
- Plafond d’IJ qui limite fortement le revenu pour les salaires élevés.revenus
- Durée maximale de versement qui peut aller jusqu’à 3 ans pour une affection de longue durée.
De mon expérience, beaucoup de salariés découvrent la baisse réelle de leurs revenus seulement lorsqu’ils voient le premier virement d’IJ, parfois avec près d’un tiers de salaire en moins dès le premier mois.
Très concrètement, ceux qui veulent analyser finement leur maintien de salaire et comparer plusieurs scénarios d’arrêt de travail gagnent à se faire accompagner par un professionnel habitué aux montages prévoyance, TNS et salariés. Pour confronter votre situation réelle aux garanties proposées sur le marché, vous pouvez par exemple contactez votre courtier spécialisé R Daniel Courtage, qui modélise les écarts de revenus entre régime obligatoire, employeur et prévoyance complémentaire.
Limites et perte de revenus liée aux seules IJ
Les IJ ne couvrent jamais 100 % du salaire net. Pour un revenu proche ou supérieur au plafond de la Sécurité sociale, la diminution de revenus professionnels devient sensible dès les premiers jours indemnisés.
Dans les faits, cette protection de base laisse un « trou » qui peut atteindre
- 20 à 40 % du net pour un salarié sans complément employeur,
- davantage pour les hauts revenus, compte tenu du plafond.
Pour les travailleurs non salariés (artisans, professions libérales, indépendants), le mécanisme des indemnités journalières varie selon le régime, avec des montants souvent plus faibles et des franchises plus longues, ce qui renforce l’intérêt d’une prévoyance complémentaire dédiée.
Rôle de l’employeur dans le maintien du salaire
Complément employeur et conventions collectives
La loi prévoit, sous conditions d’ancienneté, un complément employeur venant s’ajouter aux IJ pour limiter la perte de revenus pendant un arrêt maladie. Ce mécanisme est souvent renforcé par la convention collective applicable.
En pratique, pour un salarié qui remplit les conditions habituelles, on retrouve généralement
- une prise en charge partielle du salaire dès les premiers jours d’arrêt,
- un maintien qui peut aller jusqu’à 90 % du brut pendant une certaine période,
- puis un niveau plus bas, autour de 66 %, si l’arrêt se prolonge.
Les règles exactes varient d’une convention à l’autre, avec des écarts importants entre cadres, non-cadres, commerce, industrie ou secteur associatif.
À noter, beaucoup de salariés assimilent ce complément à un maintien intégral, alors qu’il couvre rarement tous les postes de rémunération, notamment les variables, primes ou heures supplémentaires.
Limites du maintien employeur
Même avec un employeur protecteur, certains points restent fragiles pour la continuité de revenu
- Durée limitée du complément, quelques mois la plupart du temps.
- Conditions strictes en cas de rechute ou de pathologie préexistante.
- Exposition forte si l’arrêt dépasse la période maximale prévue par la convention.
Dans les faits, lorsque les arrêts se répètent ou deviennent longs, seule une prévoyance complémentaire bien calibrée permet d’éviter une chute durable du niveau de vie.

Prévoyance complémentaire pour compléter IJ et complément employeur
Contrat collectif d’entreprise ou prévoyance individuelle
Le contrat de prévoyance collectif d’entreprise complète souvent les IJ et le maintien employeur à travers des indemnités journalières complémentaires. Objectif : approcher un maintien de revenu proche du net antérieur pendant l’arrêt de travail.
Pour les indépendants et ceux qui souhaitent renforcer leur protection, une prévoyance individuelle permet de choisir librement
- le niveau d’IJ complémentaires,
- la durée maximale d’indemnisation,
- les garanties en incapacité de travail, invalidité, décès.
Un assureur comme Malakoff Humanis propose, par exemple, des gammes différenciées pour salariés et TNS permettant d’ajuster le montant d’indemnisation à la réalité des charges et du train de vie.
Cinq critères qui changent tout sur un contrat de prévoyance
Pour juger de la qualité d’un contrat, quelques points méritent une attention très précise
- Délai de carence ou franchise avant le démarrage des prestations journalières.
- Garantie d’incapacité de travail temporaire avec un niveau d’IJ aligné sur vos revenus.
- Présence d’une garantie d’invalidité professionnelle, avec rente adaptée au métier.
- Barème professionnel qui tient compte des gestes réels de la profession, par exemple pour les soignants.
- Revalorisation des prestations et des capitaux au fil du temps, pour suivre le coût de la vie.
De mon côté, je recommande toujours de demander le détail des exclusions, notamment en cas de troubles psychiques, problèmes de dos, affections longues ou sports à risques, car ce sont des zones où les écarts entre contrats restent très marqués.
Focus TNS et soignants libéraux face à l’arrêt de travail
Spécificités des indemnités journalières pour les TNS santé
Pour un travailleur non salarié, et en particulier un infirmier libéral, un arrêt de travail signifie arrêt immédiat du chiffre d’affaires. Les indemnités journalières pour les professionnels de santé TNS restent souvent limitées, avec un délai de franchise du contrat de prévoyance ou du régime obligatoire parfois long.
Côté pratique, un soignant libéral se retrouve confronté à
- une baisse brutale de ses encaissements,
- des charges fixes qui continuent (loyer du cabinet, véhicule, assurances, URSSAF),
- un niveau d’IJ de base qui ne couvre pas ces frais et la rémunération personnelle.
J’ai en tête le cas d’un infirmier libéral en milieu rural, immobilisé deux mois après un accident de scooter. Sans prévoyance, ses IJ ne couvraient même pas ses charges fixes mensuelles.
Intérêt d’une prévoyance renforcée pour les soignants libéraux
Pour la prévoyance pour un infirmier libéral en cas d’arrêt de travail, certains points deviennent stratégiques
- Des IJ complémentaires dès le 7e, 15e ou 30e jour selon la trésorerie disponible.
- Une garantie d’invalidité professionnelle dans un contrat de prévoyance qui tienne compte de l’impossibilité d’exercer les gestes techniques du métier.
- Un capital décès et éventuellement des garanties décès et rente éducation pour les enfants.
La Loi Madelin permet aux TNS de déduire une grande partie des cotisations de prévoyance du bénéfice imposable, ce qui rend ces contrats beaucoup plus accessibles sur le plan fiscal. Un lien vers un simulateur interne de prévoyance ou un comparateur maison peut alors aider à visualiser l’impact budgétaire réel.
Paramètres clés à comparer dans un contrat de prévoyance
Pour comparer efficacement deux offres, plusieurs critères méritent un examen ligne par ligne
- Délai de carence ou de franchise avant le démarrage de l’indemnisation.
- Durée maximale d’indemnités journalières (1 an, 3 ans ou plus).
- Taux et plafond d’IJ complémentaires, en pourcentage de vos revenus.
- Conditions de passage en invalidité, barème et montant de la rente.
- Exclusions médicales, pratiques sportives ou situations professionnelles non couvertes.
- Présence d’un capital décès, d’une rente d’éducation, éventuelle rente de conjoint.
- Coût des cotisations, avec projection dans le temps.
Tableau comparatif simplifié
Les chiffres ci-dessous donnent un ordre de grandeur, à adapter selon chaque situation.
| Type de couverture | Délai de carence | Durée d’indemnisation | Taux de remplacement du revenu | Exclusions principales | Coût estimatif |
|---|---|---|---|---|---|
| Régime Sécurité sociale (IJSS) | 3 jours | Jusqu’à 3 ans selon la pathologie | Environ 50 % du salaire brut | Plafond de salaire, certaines situations non couvertes | Inclus dans les cotisations sociales |
| Complément employeur | 0 à 7 jours selon la convention | 1 à 3 mois souvent, parfois plus | Jusqu’à 80 à 90 % du brut | Condition d’ancienneté, arrêts répétés mal pris en charge | Inclus dans le contrat de travail |
| Prévoyance individuelle TNS (soignant libéral) | 7 à 30 jours de franchise | 1 à 3 ans pour l’ITT | Jusqu’à 70 à 80 % des revenus | Exclusions contractuelles, sports à risque, pathologies antérieures | Cotisation mensuelle à partir de 40 à 120 € selon garanties |
Cas pratiques et exemples chiffrés de maintien du salaire
Salarié cadre avec prévoyance d’entreprise
Prenons un cadre du privé avec un salaire brut de 4 000 € mensuels, soit environ 3 100 € nets.
Sans prévoyance complémentaire, pour un arrêt de 3 mois
- IJSS autour de 50 % du brut plafonné, soit environ 1 900 € bruts.
- Après charges, revenu net proche de 1 500 à 1 600 €.
- Perte de revenus d’environ 1 400 € nets chaque mois.
Avec un contrat de prévoyance d’entreprise complétant jusqu’à 90 % du brut
- Revenu global proche de 2 800 € nets.
- Reste à charge autour de 300 € par mois, bien plus supportable pour le budget du foyer.
Infirmier libéral TNS avec prévoyance renforcée
Imaginons un infirmier libéral qui dégage 4 000 € nets avant impôt, avec 2 000 € de charges fixes (loyer, véhicule, cotisations sociales). Il subit un arrêt de travail de 2 mois.
Sans prévoyance complémentaire
- IJ de base du régime obligatoire qui couvrent environ 1 200 € mensuels.
- Charges fixes de 2 000 € qui continuent.
- Rien ou presque pour sa rémunération personnelle, déficit mensuel supérieur à 1 000 €.
Avec une prévoyance individuelle couvrant 70 % de son revenu net après 15 jours de franchise
- IJ contractuelles autour de 2 800 € par mois.
- Somme suffisante pour payer les charges fixes et conserver environ 800 € de revenu personnel.
Dans les faits, la différence se joue sur la capacité à maintenir le niveau de vie du foyer, sans toucher aux économies de long terme ni retarder le règlement des charges.
Arrêts longs, incapacité, invalidité et garanties associées
Pour un arrêt qui dépasse plusieurs mois, la notion d’incapacité de travail laisse parfois place à l’invalidité. Le régime de base peut alors verser une pension d’invalidité, souvent bien inférieure au revenu d’activité antérieur.
Une bonne garantie d’invalidité professionnelle incluse au contrat de prévoyance prévoit
- une rente d’invalidité complémentaire, proportionnelle au taux d’invalidité,
- des critères d’évaluation adaptés au métier exercé et pas seulement à la capacité à exercer une activité quelconque.
En cas de décès, nombre de contrats prévoient un capital destiné au conjoint ou à la famille, complété parfois par une rente éducation versée aux enfants.
Côté pratique, certains contrats prévoient aussi des compléments en cas de reprise à temps partiel thérapeutique. Les IJ peuvent alors être maintenues partiellement, afin de compenser la perte de revenu liée au temps partiel médical.
Checklist de questions à poser avant de signer un contrat de prévoyance
Avant de signer, quelques questions aident à clarifier concrètement votre protection
- Quel est le délai de carence ou de franchise exact, et à partir de quel jour les IJ démarrent-elles pour un arrêt maladie, un accident ou une hospitalisation.
- Le montant des IJ est-il exprimé en pourcentage du revenu, en forfait, et sur quelle base de calcul.
- La profession médicale, paramédicale ou libérale est-elle prise en compte avec un barème spécifique.
- Comment fonctionne la garantie d’incapacité temporaire de travail et le passage en invalidité.
- Quelles sont les exclusions précises, notamment pour le dos, la psychiatrie ou la maternité.
- Les prestations sont-elles revalorisées chaque année, et selon quel indice.
- Quelles garanties existent en décès, capital ou rente pour les proches.
- Quel est le coût total des cotisations et leur évolution prévisible dans le temps, surtout pour un contrat TNS bénéficiant du dispositif de la Loi Madelin.
FAQ sur la prévoyance et le maintien du salaire
Qu’est-ce que le délai de carence en prévoyance santé ?
Le délai de carence correspond à la période pendant laquelle aucune indemnité n’est versée, même si l’arrêt de travail est reconnu. Il peut être de quelques jours pour les salariés, beaucoup plus long pour certains TNS, et varie selon les contrats. Plus la franchise est courte, plus le coût de la prévoyance est élevé, mais meilleure est la protection sur les arrêts courts.
Comment la prévoyance complète-t-elle les indemnités journalières de la Sécurité sociale ?
La prévoyance verse des indemnités journalières complémentaires qui s’ajoutent aux IJ du régime obligatoire et, le cas échéant, au complément employeur. L’objectif est d’atteindre un niveau global de revenu proche du salaire net antérieur, selon le pourcentage prévu au contrat. Sur le terrain, cette brique sert à combler le « trou » laissé entre la base Sécurité sociale, les charges fixes et le niveau de vie à préserver.
Un infirmier libéral peut-il maintenir une grande partie de son revenu en cas d’arrêt de travail ?
Oui, à condition d’avoir souscrit une prévoyance adaptée avec des IJ suffisantes, une franchise cohérente avec sa trésorerie et une bonne garantie d’invalidité professionnelle. Pour un infirmier libéral bien couvert, il devient possible de conserver entre 60 et 80 % de son revenu habituel pendant un arrêt de travail, ce qui change complètement la manière de traverser un accident, une maladie ou une opération programmée.
Pour des questions complémentaires sur le statut et les aides à solliciter, vous pouvez consulter notre guide pratique qui peut me renseigner sur la LMNP et ses avantages ?

